Vendredi 20 juin 2008

 

 


A l'heure où tout le monde s'insurge contre les restrictions de budget dans la Culture, je me questionne sur la relation entre les institutions culturelles (Drac, frac, je vous mets tout ça en vrac...) et les artistes.
Pour survivre en France, l'artiste contemporain (dites plutôt le plasticien) est astreint à résidences. N'entendez pas par là qu'il est immobilisé dans son T2  mais plutôt   que  s’il veut prétendre à une quelquonque reconnaissance de ses pairs (et la reconnaissance, c'est important quand on est artiste) , il doit solliciter des résidences d'artiste. Par résidence, entendez que l'artiste accepte de se déplacer durant quelques semaines, voire quelques mois dans un lieu où il lui est demandé la plupart du temps de " travailler en collaboration avec les habitants" ou " en relation avec le territoire". C'est magnifique, on propose à l'artiste de sortir de son atelier, de s'ouvrir un peu aux réalités sociales, d'affronter le monde. Et quel monde ! De plus en plus, les lieux de résidence sont organisée dans des quartiers dits sensibles, où l’artiste est sensé amener de la cohésion, du sens,  « adoucir les mœurs » en résumé. Une industrie polluante s’installe dans votre village ? La criminalité augmente dans votre banlieue ? Pas de problème, l’artiste médiateur est là !  Il arrive, avec son regard décalé, inventif, pour recadrer tout le monde et accorder les violons le temps d’une (rési) danse. La résidence se clôt habituellement par une exposition où l'artiste montre à quel point il a bien répondu au projet (travailler avec les gens du coin), à quel point il mérite bien la petite somme qu’on lui a alloué (en moyenne, comptez 0 à 500 euros/ mois, avec un local et un ordinateur à disposition).

Autre solution proposée à l’artiste français pour accommoder son r m i à la sauce subventions ? Les fameuses aides proposées par les DRAC. Là aussi, mieux vaut avoir un projet qui soit au goût du jour, entendez un projet social, participatif, interactif, enfin tout ce que vous voulez qui se termine en if et qui ressemble de près ou de loin à la fameuse « esthétique relationnelle » définie par Nicolas Bourriaud [http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Bourriaud ].

Bref, l’art subventionné français veut faire de l’artiste un éducateur, un médiateur, un rouage du système moins onéreux qu’un flic ou qu’un éducateur spécialisé…

 

Par acrylique - Publié dans : art contemporain, multimédia, exposition drac frac
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Présentation

Archives

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sexy sur erog.fr - Contact - C.G.U. - Signaler un abus

: les blogs pour adultes d'